19/03/2026
La Suisse est depuis plusieurs années l’un de nos territoires de travail. Pour différentes marques et institutions, nous explorons ses codes, ses récits, ses imaginaires et leurs évolutions.
Nous observons ainsi comment la Suisse réinvente son socle de valeurs fait de précision, d’excellence et de patrimoine, mais surtout comment elle les communique dans un registre discret, qui ne se proclame pas mais se reconnaît pourtant immédiatement.
Un pays qui parle par le geste plus que par le mot
La Suisse contemporaine se lit moins dans ses discours de marque que dans une économie du détail. Pour une marque de cosmétiques haut de gamme qui souhaitait explorer les codes émergents de la suissitude, nous avons notamment identifié un rapport singulier à l’eau, à la nature et à la minéralité, une texture de silence et d’altitude, une pudeur dans la façon de montrer les choses.
Ce sont des signes sensoriels, pas des arguments proclamés haut et fort. Et c’est bien là le paradoxe : la Suisse porte en elle des codes très forts, mais trop souvent stéréotypés et simplifiés dès qu’on cherche à les affirmer plutôt qu’à les faire ressentir.
Un gisement pour les marques sensorielles
Ce registre parle particulièrement aux secteurs où l’émotion précède la raison, tels que la beauté, la parfumerie, le bien-être ou le luxe. Une eau thermale, un air de montagne, un rituel de lenteur, un savoir-faire précis. Autant de matières et de gestes que ces marques peuvent s’approprier sans jamais tomber dans le folklore.
Ressentir avant de comprendre
La force de ces codes, c’est justement qu’ils ne s’expliquent pas mais se perçoivent instantanément et s’associent naturellement à la Suisse. C’est ce léger décalage, entre ce qu’on montre et ce qu’on laisse deviner, qui rend la Suisse contemporaine culturellement plus riche que son image institutionnelle ne le laisse croire.